« Nous ambitionnons d’atteindre 1 Md€ d’actifs d’ici cinq ans »

"Nous ambitionnons d'atteindre 1 Md€ d'actifs sous gestion d'ici cinq ans"

Le nouveau venu sur le marché du commerce, F&A Asset Management, souffle sa première bougie. L’occasion pour son président fondateur, Maxime Forgeot, de revenir sur ses premiers succès. Et surtout ses projets.

Business Immo: Environ un an après la création de F&A Asset Management, quel bilan dressez-vous de votre activité ?

Maxime Forgeot : Notre bilan est plutôt positif puisque nous avons atteint nos objectifs, et notamment celui de devenir un acteur identifié du marché de commerce. C’est important pour nous de gagner cette légitimité. Sur la partie investissement, nous avons reçu 360 dossiers, principalement pour des commerces en pieds d’immeubles. Un nombre très significatif donc, montrant que nous sommes crédibles. Nous renforçons d’ailleurs l’équipe en conséquence, puisque nous accueillons deux nouveaux collaborateurs début 2018.

BI: Que comptez-vous parmi vos transactions les plus significatives ?

MF: En fin d’année, nous avons eu l’occasion d’acquérir un centre commercial pour un client institutionnel international. Un actif que nous avons sourcé et dont nous avons aujourd’hui la gestion. Par ailleurs, dans le cadre de notre travail pour le fonds High Street Retail, nous avons acheté un portefeuille de commerces en pieds d’immeubles dans sept villes en régions et signé un certain nombre d’acquisitions parisiennes, notamment avenue des Ternes, rue de Steinkerque, ou encore dans le Marais, rue des Francs-Bourgeois pour être précis.

BI: Quel est votre regard sur l’actuel marché de l’immobilier de commerces ?

MF: Sur le marché du pied d’immeuble, nous ressentons clairement un appétit des investisseurs qui ne se dément pas. Le marché est très compétitif car il y a un déficit d’offres évident, obligeant à une certaine réactivité, tout en restant exigeant sur les fondamentaux. Le point rassurant, c’est d’ailleurs cette sélectivité des investisseurs qui n’achètent pas tous azimuts ; les produits pricés trop chers ne trouvent pas preneurs. Cela diffère du marché euphorique que nous avons pu connaître il y a quelques années. Exerçant jusqu’à 30 % de notre activité en régions, nous pouvons également ressentir les difficultés que peuvent connaître les centres-ville moyens où il n’y a pas de pression sur les valeurs locatives, même sur les emplacements numéro un. Contrairement à Paris où il y a une pression des enseignes qui tiennent à avoir un emplacement dans la capitale. Pour éviter les écueils, nous essayons de nous extraire du simple raisonnement par taille de ville. En interne, nous avons établi un classement pour les centres-ville des 50 premières communes de France, sur la base de multiples critères tels que la santé économique, la qualité des transports, l’attractivité touristique, le pouvoir d’achat, etc. Les résultats laissent apparaître des disparités entre des grandes villes comme Marseille ou Toulon – respectivement 2e et 13e dans le classement par taille – qui ressortent assez mal dans notre classement par manque de dynamisme ou d’attrait vis-à-vis des enseignes ; et des territoires plus petits qui sortent leur épingle du jeu, à l’image d’Annecy et de La Rochelle, par exemple.

BI: Quel est votre pipeline pour 2018 ?

MF: Un nouvel investisseur s’est ajouté au fonds High Street Retail, portant désormais ses fonds propres à 100 M€ et sa capacité d’investissement à 200 M€ au total. Notre volonté est de l’accompagner à hauteur de 70 M€ minimum, si tant est qu’il n’y ait pas d’autre investisseur entrant. De plus, nous allons continuer à travailler sur des partenariats stratégiques avec des clients institutionnels potentiels, afin de les aider à créer de la valeur sur leurs portefeuilles. À terme, mon objectif premier n’est pas chiffré. Il s’agit avant tout de devenir un référent sur l’immobilier de commerce aux yeux de nos pairs. Que cette marque F&A que nous portons soit reconnue. Néanmoins, si nous nous prenons un peu plus à rêver d’un objectif chiffré à atteindre, il serait autour de 1 Md€ d’actifs sous gestion d’ici cinq ans. En 2018, nous sommes déjà confiants d’arriver à 270 voire 300 M€ d’actifs sous gestion.

 

Auteur : Estelle Santous, journaliste rédactrice et reporter d’images – Business Immo